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Les Deux anniversaires d’Ariane
Collection : « D’ici et d’ailleurs», n°1
Écrit par Jee-yung
et illustré par Yan Nascimbene
Office : mai 1
MEV : 2009
ISBN13 : 978-2-916899-22-0
EAN : 9782916899220
PVP : NC
Création en langue française :
le récit émouvant d’une jeune adoptée d’origine coréenne évoquant son départ de Corée et son arrivée en France, illustré avec des dégradés de couleurs et de douceur
- album, livre d’images pour enfants (Dilicom : 2521)
- 40 pages, tout en couleurs
- relié, couverture cartonnée et finition soignée :
pelliculage mat
>> L’histoire…
Ariane a quatre ans aujourd’hui
et, pour célébrer cet événement,
elle a apporté un gâteau à l’école.
En le donnant à la maîtresse, elle dit :
« Aujourd’hui, c’est mon vrai anniversaire !
- Ton « vrai » anniversaire ? s’étonne l’institutrice.
- Oui, parce que j’en ai deux !
- Menteuse ! lui crient les autres enfants. »
Mais Ariane s’entête
et pour expliquer cette curiosité,
elle raconte à sa classe
ce que ses parents lui ont dit.
>> Extrait…
Il était une fois,
dans un pays très lointain,
où les matins sont, dit-on, toujours calmes,
une petite fille
aux yeux rieurs et aux cheveux de jais.
Elle s’appelait Jee-yung
et, comme tous les enfants,
elle n’avait qu’un seul anniversaire.
Malheureusement, Jee-yung
n’avait ni maman, ni papa pour le lui souhaiter,
et c’est tristement qu’elle souffla sa première bougie.
Au même moment, à l’autre bout du monde,
une Dame et son mari cherchaient un bébé à aimer.
Leurs yeux étaient pleins de chagrin
car tout était prêt pour lui dans leur maison comme dans leurs cœurs.
Mais le petit lit restait vide parce qu’aucune cigogne ne s’arrêtait jamais chez eux.
Dans la maison de sa nourrice,
Jee-yung attendait patiemment qu’un papa et une maman soient prêts pour elle.
Elle ne savait pas
ce qu’étaient un papa et une maman.
Aussi, à chaque fois qu’elle voyait quelque chose de nouveau,
elle se disait :
« Ce sont peut-être eux, mes parents. »
Elle le demanda à l’eau de la rivière,
elle le demanda au rocher dans la forêt,
elle le demanda même à l’oiseau posé sur la fenêtre
mais tous lui répondirent :
« Je ne suis pas ta maman. Mais, lorsque tu la verras, tu sauras que c’est elle. »
Alors Jee-yung continua d’attendre…
Un soir, alors que la Dame rentrait chez elle,
elle trouva une enveloppe qui venait de très loin.
Ses mains se mirent à trembler et son cœur à battre plus fort.
Lorsqu’elle l’ouvrit, elle apprit que là-bas,
il y avait une petite fille aux yeux rieurs et aux cheveux de jais
qui avait besoin d’eux, son mari et elle.
Dans la lettre, il y avait aussi une petite photo
et, à peine l’eurent-ils regardée qu’ils savaient déjà que c’était ELLE,
celle qu’ils avaient attendue toute leur vie.
Et ce soir-là, pour la première fois, ils ont pleuré de joie.
La nourrice expliqua à Jee-yung qu’elle allait faire bientôt un voyage fantastique
au terme duquel elle aurait enfin des parents bien à elle.
Elle lui dit que, là-bas, ils l’espéraient depuis toujours et qu’ils l’aimeraient à jamais.
Puis elle lui montra la photo d’eux qu’ils avaient à leur tour envoyée
et, en un instant, la petite les reconnut.
Elle sut tout de suite
que leurs vies étaient liées
et que leurs cœurs se répondaient parfaitement.
Alors Jee-yung se prépara au grand voyage…
Sa nourrice emballa soigneusement toutes ses affaires dans une petite valise.
Elle y glissa même un souvenir pour la petite fille,
une minuscule paire de kotsins, de drôles de petits chaussons pointus,
car Jee-yung avait admiré ceux que la nourrice portait le jour du Seollal.
Elle plia soigneusement les vêtements de la fillette
et chaque soir elle lui répétait qu’elle avait beaucoup de chance
car elle allait accomplir un merveilleux voyage vers l’amour.
Le matin du départ arriva…
L’auteur - L’illustrateur
>> L’auteur, Jee-yung
Née à Mokpo, Corée du sud, le 8 avril 1984, j’ai été placée en nourrice à l’orphelinat Holt à l’âge de quinze mois. Ayant eu la chance d’être adoptée, c’est le 12 octobre 1985 que je suis arrivée en France. Ma mère, professeur de Lettres, et mon père, libraire, nous ont élevées, mes deux soeurs et moi avec l’amour des livres et de la lecture. J’ai grandi à Epernay au coeur de la Champagne et de ses vignes avant de déménager, à l’adolescence, à Paris. Ma licence d’histoire obtenue à la Sorbonne, j’ai cherché ma voie durant quelques années et je l’ai trouvée dans la presse et la communication. Maman d’une petite fille née en septembre 2006, j’ai eu envie d’écrire mon histoire afin de la lui raconter.
Pourquoi cette histoire ? Parce que c’est la mienne, tout simplement. C’est ainsi que je me suis toujours imaginé mon voyage « natal ». Les petites filles naissent, dit-on, dans les roses ; moi, je suis née d’un avion. De plus, aujourd’hui que l’adoption est à la mode, que tous les médias en parlent, je trouve que finalement on oublie l’essentiel : l’adoption est avant tout une histoire d’amour, celle qui unira un enfant à ses parents.
Depuis que je suis toute petite, je vis entourée de livres. Quand j’étais enfant, mon père avait pour habitude de nous apporter de « petites surprises » qui étaient en réalité des parutions pour la jeunesse. A l’âge de six ans, j’avais décidé d’être écrivain et je pastichais les contes de fées. Cette envie d’écrire ne m’a jamais quittée ; j’ai commencé beaucoup d’ouvrages sans jamais oser aller jusqu’au bout. Ma relation à l’écriture est assez « vieux jeu » ; je n’écris qu’au stylo, sur des cahiers d’écolier que je conserve précieusement. Je mets toujours tout sur le papier, mes souvenirs, mes envies parce que c’est pour moi une façon de les rendre plus palpables.
>> L’illustrateur, Yan Nascimbene
Yan Nascimbene est né à Neuilly-sur-Seine le 3 Avril 1949, de mère française et de père italien. « Son travail tout en finesse et sensibilité suggère plus qu’il ne montre, et son trait précis s’inscrit dans des compositions élaborées de manière très sûre, sans part laissée au hasard. Ses illustrations sont narratives, elles donnent à lire à la fois un élément fort du texte et la manière dont il l’a perçue. On est frappé par la singularité de son univers, de son regard à la fois très personnel et distant sur le monde qu’il interprète par ses images. Cadré sur une page, son dessin écrit les objets et les êtres dans un espace à la fois fini et infini. Une lumière particulière empreinte de solitude et de mélancolie, de douceur et d’intensité, de force et de fragilité enrobe l’ensemble de son oeuvre, imprimant dans nos yeux et notre mémoire des images, ou des morceaux d’images, inoubliables. » (Citrouille, déc. 2003)
Yan Nascimbene a illustré plus de 300 couvertures de livres et une cinquantaine d’albums, certains dont il est également l’auteur: Antibes, Clavière et autres couleurs (Gallimard, 1991), Un jour en Septembre (Gallimard, 1995), Bleue marine (Milan, 1999). En Mars 2001, les Editions du Seuil publient Aventures de Italo Calvino, dans une édition.
Du même auteur, Yan Nascimbene illustre encore Palomar (Seuil, 2003) et Le Baron perché (Seuil, 2005). Il illustre aussi deux textes d’Elisabeth Brami : Les Vieux enfants (Panama, 1995) et La Quatrième fille du docteur Klein (Seuil, 2003).
Ayant adopté une petite fille d’origine marocaine, il a été touché par l’histoire.
Il y a vingt-cinq ans, lorsque débutait avec la collection Gallimard-”Page Blanche”, ma carrière d’illustrateur, une petite fille m’a écrit pour me dire qu’elle aimait mes dessins. Je lui ai répondu pour la remercier.
La petite fille a grandi et est devenue éditrice. Hélène Chan-Ok Charbonnier il y a quelques mois m’a contacté pour qu’on fasse un livre ensemble. Elle m’a dit qu’elle avait gardé la carte postale que je lui avais adressée il y a tant d’années. Le livre est là. Le parcours d’une enfant coréenne est raconté avec lucidité et tendresse par Jee-yung, une femme coréenne et française, adoptée, comme l’est Ariane, l’héroïne du récit, comme l’est Hélène, son éditrice, comme l’est ma fille, Marocaine d’origine, comme le sont mon frère et ma soeur nigériens.
Les illustrations des Deux anniversaires d’Ariane, reflètent sans doute autant mes origines italo-françaises et l’influence de ma femme mexicaine et californienne que la Corée que je ne connais qu’à travers les livres et les films, et donc quelque peu imaginaire. J’espère qu’au-delà des frontières et des cultures, ces images expriment l’attente, le départ, l’appréhension et l’espoir, puis l’adaptation, un mélange désemparant et merveilleux jusqu’à la naissance enfin d’une humanité aussi diverse qu’elle est unique.
Un jour une petite fille m’a écrit que mes images étaient belles comme un fruit. C’était peut-être une autre petite fille, ou bien c’était Hélène.
Certaines images commencent à se préciser dans ma tête et, comme le texte, elles engendrent des questions, soulèvent des “problèmes”. Je chercherai des solutions et nous arriverons à quelque chose de beau. Cette démarche même, avec ses accidents, ses difficultés, fait le plaisir de mon travail et j’espère celui que le lecteur a de le découvrir.


